Apocalypse Now

Apocalypse Now
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Alors que cette édition Blu-ray définitive de Apocalypse Now est enfin disponible, et que nous pouvons pour la première fois profiter d’Apocalypse Now dans sa version de 1979, et d’Apocalypse Now Redux présenté en 2001, il est bien difficile d’aborder un tel film, enfin, un tel chef-d’œuvre définitivement rentré au panthéon du 7ème art, sous l’angle de la critique au sens classique, c’est pourquoi nous n’aborderons pas ici le film sous le sens artistique.

Car au-delà d’être un film, Apocalypse Now c’est avant tout un tournage cauchemardesque, là ou nombres de réalisateurs aujourd’hui se plaignent de la pression permanente des studios et l’influence que cela peut avoir sur le résultat final au cinéma, Francis Ford Coppola fait parti de ces réalisateurs qui ont décidé de tout sacrifier pour se lancer dans un projet fou auquel personne ne croyait.  Quand on sait que l’homme à investit toutes ses économies et hypothéqué sa maison pour pouvoir tourner Apocalypse Now sans l’aide des studios après lesquels ils pestaient après le Parrain et le Parrain II, on comprend d’autant mieux la pression d’un tournage dont l’histoire restera dans toutes les mémoires…


Tournage ayant prit une tournure « apocalyptique » avec un délai de départ de 12 semaines finalement transformées en 16 mois ( !) et un budget explosé passant de 17 à 30 millions de Dollars,  ou encore le passage du typhon Olga détruisant une grosse partie des décors, un script en constante réécriture, de nombreux soucis logistiques avec les forces armées des Phillipines, un Dennis Hopper qui frise la folie, une équipe de tournage et des acteurs sous l’effet de l’alcool et de drogues, la crise cardiaque de Martin Sheen, le renvoi de Harvey Keitel pour un Marlon Brando ultracapricieux…en un mot l’enfer. D’ailleurs, Coppola ne voyant plus la fin de ce projet immense manqua de se suicider à plusieurs reprises lors du tournage, le côté paradoxal d’un homme d’à peine 35 ans à qui tout réussissait, et qui se pensait intouchable avant ce fameux tournage accouché dans la douleur et le sang.


Car en plus d’être une critique exacerbée de la guerre du Vietnam, et de la monstruosité de l’homme pour qui le personnage du Colonel Kurtz restera gravé dans toutes les mémoires, Apocalypse Now est un film qui a tout simplement dépassé son créateur de manière à devenir totalement incontrôlable, en un mot la définition de ce que l’on appelle tout simplement : un chef d’œuvre.
Publié le 13 mai 2011
       
Pierre Dubarry
Journaliste spécialisé