Les formats d'image
Quelle image sur quel écran?
Pour mieux vous rendre compte des différents effets, nous vous conseillons de cliquer sur les images afin de les afficher en plus grand format.
La « coïncidence » : on est ici dans une situation idéale. Le film a été tourné au même format que celui de restitution et on retrouve ainsi lors du visionnage une image respectant le cadrage initial du film tout en prenant toute la taille de l'écran. Cette situation se présente dans 3 cas majeurs : projection d'un film au format 4:3 sur une télévision d'ancienne génération
(ce cas a tendance à se marginaliser), projection d'un programme 16/9 sur un téléviseur 16/9 et projection d'un film 2,35:1 au cinéma (le grand spectacle...). L'apparition d'écrans au format 21/9 devrait permettre de vivre ces sensations cinéma à domicile dans une niche qui n'est, pour le moment, réservée qu'à quelques bricoleurs via l'utilisation de prismes ou lentilles anamorphiques.
Les exemples ci-contres présentent The Dark Knight tel que projeté sur un écran de cinéma (2,35) et les Simpson tel que diffusés sur un écran 4/3.
Les bandes noires : ce cas, tout d'abord rencontré lors des premières projection de cinéma panoramique sur les écrans 4/3 persiste avec les écrans 16/9 (déception pour certains d'entre nous lors de leur premier achat d'un écran 16/9).
Ce phénomène résulte tout naturellement d'une différence de ratio entre l'image projetée et le format de l'écran de projection. Deux cas se présentent : le ratio de l'image est inférieur au ratio de l'écran et on obtient des bandes verticales ou bien le ratio de l'image est supérieur au ratio de l'écran et on obtient des bandes horizontales.
Ce type d'affichage offre l'avantage majeur de présenter le film dans son ratio d'origine et ainsi de maintenir le cadrage souhaité par le réalisateur. En contrepartie, seule une partie de l'écran est utilisée et on perd en immersion dans le film (voir un film en 2,35:1 sur un téléviseur 16/9 est une expérience totalement
différente de son visionnage en salle, même si on élude la question de la taille). Pour prendre un cas extrême, la projection de Ben Hur sur un téléviseur 4/3 couvre ainsi moins de 57% de l'écran.
Les deux exemples ci-contre nous présentent The Dark Knight projeté sur un écran 16/9 (bandes horizontales) et un épisode des Simpson également sur un écran 16/9 (bandes verticales).
Le recadrage (pan and scan) : souvent évoqué, dans les forums, comme un travail de boucher (à juste titre), il consiste à supprimer un morceau de l'image pour la faire tenir dans un écran au ratio différent. Ainsi, pour faire tenir une image au format 1,33:1 sur un écran 16/9, on retirera les parties supérieures et inférieures de l'image (25% de l'image). Pour faire tenir une image de 2,35:1 sur le même écran, le procédé inverse sera utilisé et on coupera alors les parties gauche et droite de l'image (25% de l'image également).
Le principal avantage est l'utilisation finale de 100% de l'écran. Le principal inconvénient est le non respect total de l'œuvre originale et la perte d'un grand nombre d'informations (les fameux 25% découpés de l'image originale). De plus, plus qu'un vrai découpage, le recadrage est souvent un zoom de l'image originale réduisant ainsi la définition du film.
Le premier des deux exemples ci-contre présente The Dark Knight projeté sur un écran 16/9 (découpes latérales). Là où l'image originale présentait Bruce Wayne et Alfred (du moins son crâne), celle-ci se contente d'un portrait de Bruce Wayne faisant perdre une grande partie de son sens à l'image.
Le second présente un épisode des Simpson également sur un écran 16/9 (découpes en haut en en bas). Cette découpe (volontairement exagérée) fait quasiment disparaître la télévision. Si on ne connaissait pas si bien Homer, on se demanderait ce que les 3 personnages fixent si intensément.
La compression (ou dilatation) optique : cette technique consiste à étirer ou à contracter une image afin de la projeter dans un ratio différent. Elle donne, selon le sens, des personnages (entre autres) aplatis ou amincis. Elle est certainement la technique la plus détectable mais possède un avantage principal, celui de pouvoir conserver tous les détails de l'image originale tout en utilisant l'ensemble de la surface de projection.
On peut également envisager de cumuler cette technique avec un recadrage et, ainsi, de réduire les effets visibles de ces deux opérations. Le résultat perdra sensiblement moins de détails que sur un recadrage classique et déformera sensiblement moins l'image que sur une dilatation (ou compression) classique.
Cette technique, appliquée à une image 1,85:1 sur un écran 16/9 par exemple est quasiment indétectable et, à ce titre, souvent utilisée.
Les deux exemples ci-contre nous présentent The Dark Knight projeté sur un écran 16/9 (compression optique) et un épisode des Simpson également sur un écran 16/9 (dilatation optique).
Ces techniques peuvent être appliquées à diverses phases du procédé de restitution de l'image. Soit celles-ci impactent directement la source (DVD, programme TV, ...) auquel cas l'utilisateur n'a d'autre solution que de subir le choix fait en amont. Soit le film est proposé dans son format original auquel cas l'utilisateur pourra faire son propre choix entre la version originale et une version lui proposant une surface de visionnage plus conséquente par l'intermédiaire d'outils implémentés dans son lecteur ou dans son écran (ou vidéoprojecteur).